1980, les Bee Gees offrent à Barbra Streisand sa référence ultime...

Woman in loveS'il est une artiste américaine complète, c'est assurément Barbra Streisand ! Actrice de talent, chanteuse à la voix exceptionnelle, réalisatrice et productrice, elle s'est aussi essayée au design et écrivit un ouvrage sur ce thème. Il n'est pas exagéré de dire qu'elle émarge au panthéon des plus grandes stars américaine du 20è siècle voire qu'elle soit le pendant féminin de Frank Sinatra. Révélée en 1964, à 22 ans, par la comédie musicale Funny Girl, à Broadway, elle enregistra ses premiers albums l'année suivante avant d'être happée par le cinéma, en 1968, pour l'adaptation de Funny Girl. Depuis, elle a tournée avec les plus grands réalisateurs à l'image de Vincente Minnelli, Peter Bogdanovich, Sydney Pollack ou Gene Kelly et proposé une cinquantaine d'albums musicaux. Avec, en définitive, un bilan plutôt exceptionnel fait de deux Oscars, huit Grammies, cinq Emmies, un Golden Globe, le Prix de l'American Film Institute, un Tony (l'équivalent des Oscars pour le théâtre) et quelques autres distinctions encore. Barbra Streisand fait partie de la rare catégorie d'artistes à avoir remporté un Oscar, un Grammy, un Emmy et un Tony c'est à dire les récompenses suprêmes respectives du cinéma, de la chanson, de la télévision et du théâtre... A la fin des années '70, elle est au sommet de sa gloire, elle se consacre davantage à la chanson ne tournant, entre 1975 et 1980, que trois films. Elle se voit décerner, en 1979, le titre de Meilleure Chanteuse Américaine de la Décennie et seuls Elvis Presley et les Beatles ont vendus plus d'albums qu'elles à travers le monde... A cette époque, en pleine période disco, les Bee Gees sont également au sommet, la B.O. du film Saturday Night Fever (John Badham, 1978) est un succès phénoménal avec ses titres Stayin' alive, How deep is your love ou Night fever. Barry Gibb est alors contacté par Barbra Streisand qui lui propose de lui écrire son prochain album. Gibb accepte et entraine ses frère dans l'aventure mais pose une condition, celle de pouvoir placer un duo sur chaque face de l'album avec Barbra Streisand. En quelques semaines, Barry, Robin et Maurice Gibb écrivent et composent une douzaine de chansons à Streisand, un cocktail fait de R'nB', de soul, de disco, de synth pop naissante et, bien entendu, de love song comme Barry Gibb sait en écrire... Celui-ci propose de produire lui-même l'album chez Columbia.

L'album, intitulé Guilty, est enregistré en six semaine, entre février et mars 1980, à Miami et Hollywood. Comme convenu, Barry Gibb interprète deux titres avec Barbra Streisand, Guilty - qui donne son titre à l'album - et What kind of fool qui sont des succès notables des deux côtés de l'Atlantique (ndlr faut-il rappeler que les Bee Gees sont anglais ?) mais c'est un troisième titre qui va exploser à la face du monde, un cri d'amour lancé par une femme amoureuse. Woman in love est effectivement le cri lancé par une femme qui espère conquérir un homme, l'attirer à elle et le retenir... un thème classique mais superbement porté tant par la composition et l'écriture des frères Gibb que par la voix de Barbra Streisand. Sorti le 16 août 1980, Woman in love est le succès majeur de la chanteuse, il devient numéro un dans une vingtaine de pays dont l'Angleterre, l'Allemagne, la France, l'Australie, l'Espagne et les Etats-Unis. Pour accompagner la chanson, un clip est rapidement monté avec des extraits de films de Streisand... c'est assurément ce qui est de moins réussi dans Woman in Love, quoique la pochette du single soit aussi un exemple notable de ce qu'il ne faut pas faire en la matière...

Barbra Streisand - Woman In Love (1980) 1920x1080

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