1976, les Ramones heurtent l'opinion américaine et contribuent à l'explosion du punk rock...

Blitzkrieg bopImpossible de ne pas consacrer quelques lignes de ce blog aux Ramones, ce groupe américain considéré comme le premier de la mouvance punk rock encore que, selon moi, des groupes de garage rock comme MC5, The Kingsmen et bien entendu The Stooges peuvent autant revendiquer ce titre. Fondé en janvier 1974, dans le Queens à New York, par Douglas Colvin (basse), John Cummings (guitare), Jeffrey Hyman (chant) et Tamas Erdelyi (batterie), quatre types qui s'ennuient, qui sont fascinés par la violence - Johnny a même été interné en hôpital psychiatrique pour troubles comportementaux pendant son adolescence - et qui ont envie d'un exhutoire à leur vie, le groupe n'a d'autre ambition que de déranger l'ordre établi et de vivre sans devoir travailler. Après avoir puisé dans leur maigres économies pour acheter du matériel, ils s'installent dans un local de Manhattan mis à disposition par un pote de Tamas. Pour créer un lien, les quatre graçons adoptent l'idée d'un nom de scène commun et d'un look commun. Le nom de scène choisi est Ramone en guise de provocation vers Paul McCartney (qui utilisait parfois le nom de Paul Ramon pour passer incognito dans certains de ses voyages) qui a perdu son âme, estiment-ils, en fondant Wings et en optant pour des ballades doucereuses loin du rock psychédélique que la grande époque des Beatles. Douglas devient donc DeeDee Ramone, John endosse le nom de Johnny Ramone, Jeffrey opte pour Joey Ramone et Tamas américanise son prénom pour s'apeler Tommy Ramone. Naturellement, le groupe prend le nom de Ramones. Quant au look, il est minimaliste : cheveux longs, jean's déchiré, Converses usées, t-shirt noir et perfecto ! Les influences du groupes sont vastes puisqu'elles vont de Jimi Hendrix aux Beatles en passant par Elvis, les Stooges, T-Rex, les Rolling Stones et Herman's Hermits. Rapidement, Ramones court les scènes underground de New York et son repérés par Hilly Kristal, le propriétaire du Country, Blue Grass, Blues And Other Musics for Uplifting Gormandizers (CBGB&OMFUG), le club underground par excellence, ouvert en 1973, qui a lancé la carrière de Patti Smith, de Suicide et de Blondie notamment et dont les Ramones vont devenir sociétaires réguliers. Les premiers cachets tombent et le groupe décide d'en épargner une partie afin de financer l'enregistrement d'un premier disque. Mais sur la scène du CBGB&OMFUG, ils sont repérés par une journaliste, Lisa Robinson, qui est amie avec Danny Fields, l'ancien manager des Stooges. Elle lui parlent des Ramones et Fields vient les entendre avant de leur proposer d'enregistrer une démo qui avec laquelle il démarchera les maisons de disques.

Des références aux IIIè Reich totalement réfutées

Il faut plusieurs mois à Fields pour convaincre un label de signer un contrat avec les Ramones. En effet, certaines paroles sont heurtantes et Johnny Ramone fait souvent référence dans ses propos personnels à Charles Manson et aux nazis. ce comportement ressurgit inévitablement sur l'ensemble du groupe. C'est pourtant Sire Records, qui produit beaucoup de groupes passant au CBGB&OMFUG, qui donne sa chance aux Ramones. En février 1976, le groupe entre en studio pour graver une première plaque simplement titrée Ramones. Le budget est limité : 6400 dollars, pas de quoi faire des folies ! Quatorze chansons très courtes - la plus longue dure 2'35'' et l'album fait moins de trente minutes au total - et basiques au niveau des paroles et de la musique prennent place sur ce premier album qui se veut volontairement provocant et qui aborde des thèmes comme la prostitution masculine, la drogue, l'American Way of Life, le sexe. Toutes les chansons, à l'exception de Breat on the brat sont écrites à la première personne du singulier et raconte une histoire personnelle. Parmi les titres de ce premier album Blitzkrieg Bop qui est choisie pour devenir le premier single des Ramones. Il sort en avril 1976, quelques jours avant l'album Ramones. Rapidement, le titre heurtent et de nombreuses voix s'élèvent pour protester contre cette guerre-éclair chère aux stratèges du IIIè Reich prônées par la chanson. De nombreux médias reprochent aux Ramones une prise de position nazie qui est évidemment amplifiée par certains comportements et prises de paroles de Johnny. Rapidement, Joey et Tommy Ramone montent au créneau pour défendre la chanson affirmant haut et fort qu'elle n'a aucun rapport avec le nazisme ou même la seconde guerre mondiale puisqu'elle évoque l'histoire de jeunes qui se rendent à un concert de rock, qui aspirent eux aussi à créer leur groupe mais aussi à l'hystérie collective qui les prends lorsqu'ils dansent devant la scène. A l'origine, la chanson devait d'ailleurs s'appeler Animal Hop (Danse animale). L'allusion à la guerre-éclair est donc une analogie qui repose sur le mouvement de foule hystérique des jeunes lors de concerts le temps d'une chanson... Tommy Ramone explique encore qu'il est un immigré juif hongrois - pour rappel son nom est Tamas Erdelyi - qui a perdu une partie de sa famille dans les camps de concentration.

L'album Ramones n'obtient aucun succès, il ne s'écoule qu'à 6000 exemplaires sur toute l'année 1976, le single Blitzkrieg Bop n'en obtient pas plus mais il contient déjà tous les ingrédients qui feront des Ramones une référence majeure de la scène rock américaine des années '70, la provocation, une musique simple qui repose sur trois accords, des chansons courtes aux textes répétitifs et, enfin, le désormais célèbre cri de guerre du groupe, Hey ho, let's go qui revient comme un gimmick de manière fréquente sur tous les albums du groupe. Aujourd'hui, près de 40 ans après sa création, Blitzkrieg Bop ne fait plus l'objet de critiques et a même intégré, à la 92è place, le classement des 500 plus grandes chansons de tous les temps du magazine Rolling Stone.

Une réelle influence sur le rock des eighties

Ramones n'a jamais vraiment connu le succès commercial, la meilleure place obtenue par un album sur le marché US est la 44è avec End of the Century, en 1980, tandis que dans les charts anglais ce même album grimpait une semaine à la dixième place... Mais le groupe new-yorkais, qui a tourné sur scène jusqu'en 1996 avec une moyenne d'un concert tous les trois jours pendant 22 ans, a eu une influence majeure non seulement sur la musique du mouvement punk mais aussi sur le rock des la seconde moitié des années '70 et de la décennie suivante. Bono déclara un jour que U2 n'aurait jamais existé sans les Ramones, Bruce Springsteen, The Offspring, Sex Pistols, The Clash, Red Hot Chili Peppers, GreenDay, Metallica, Blondie, Marilyn Manson ou Rammstein pour n'en citer qu'une poignée confessent avoir subi l'infuence des Ramones dans leur musique...

The Ramones - Blitzkrieg Bop (Live)

Blitzkrieg Bop