1987, U2 signe l'un des chefs d'oeuvres des années '80...

I still haven't foundEn quelques années, entre la création de Feedback (1976) dans une école de Dublin et l'exlosion de Sunday Bloddy Sunday et New Year's Day sur l'album War (1983), U2 a conquis l'Europe. Le groupe part alors en tournée mondiale, The War Tour, pour une année complète. La fin de cette tournée gigantesque est accompagnée d'un album live de huit titres baptisé Under a blood red sky (un extrait des paroles de New Year's Day) avant de prendre un peu de repos. Pour beaucoup, U2 a atteint ses limites, des rumeurs de séparation circulent même affirmant que l'inspiration ne suit plus et que les quatre de Dublin ont fait le tour de la question. C'est vrai que le groupe traverse une période creuse de quelques semaines entre décembre 1983 et mars 1984... une période de remise en question plutôt. Alors Bono décide de faire appel à Brian Eno, qui a beaucoup travaillé avec David Bowie et Talking heads, pour donner un souffle nouveau à U2. Eno et U2 s'isolent dans le nord de l'Irlande, dans la Vallée de la Boyne, pour préparer ce qui sera le quatrième album studio du groupe. Enregistré à l'été 1984, The Unforgetable Fire est produit par Daniel Lanois qui remplace dans ce rôle Steve Lillywhite dont l'habitude veut qu'il ne produise pas plus de deux plaques par artiste et qui a déjà fait une exception pour les trois premiers albums de U2. Sous l'impulsion d'Eno et Lanois, on sent une rupture par rapport aux albums précédent, U2 propose désormais un rock moins agressif, plus appaisé... Et ça marche puisque The Unforgetable Fire se vend à 6,5 millions d'exemplaires bien emmené par les single Pride (In the name of love) et Bad. S'ensuit une nouvelle tournée de longue haleine qui marque les premiers engagements politiques du groupe mais surtout de son chanteur, contre les conflits au Salvador et au Nicaragua et la course à l'armement, notamment, mais aussi contre l'Apartheid. Le 13 juillet 1985, U2 participe au Live Aid organisé par Bob Geldof en faveur de la famine en Afrique. A cette occasion, Bono est survolté, il saute dans tous les sens, se jette dans la fosse parmi les spectateurs et conclut sa prestation par un slow langoureux avec une jeune femme noire prise au hasard dans le public. Pendant plusieurs mois, le groupe se met entre parenthèses car Bono se consacre à des actions militantes comme le projet Artists against Apartheid ou la tournée A conspiracy of Hope organisée par Amnesty International. U2 crée, à la même époque, un label dansle but de promouvoir de jeunes chanteurs et groupes irlandais. Pendant la tournée d'Amnesty, Bono écrit les paroles de plusieurs chansons qui doivent prendre place sur un prochain album. Le groupe se retrouve à l'été 1986 pour travailler sur cet album. Les textes de Bono sont mis en musique et le 1er août, U2 entre en studio, à Dublin, toujours entouré de Brian Eno et de Daniel Lanois. L'idée est de prendre le contrepied de ce que le groupe à fait jusqu'à présent. Inspiré par leurs différents séjours américains, Bono et The Edge donnent une couleur folk, blues et gospel à l'album. L'enregistrement dure sept mois mais U2 accouche, avec The Joshua Tree, d'une plaque exceptionnelle avec des perles comme With or without you, Bullet the blue sky, Where the streets have no name, One tree hill et I still haven't found what I'm looking for...

Ensemble, Bono et The Edge frisent la perfection...

The Joshua Tree sort le 9 mars 1987, accompagné d'un premier single que Lanois veut à l'opposé de ce que le public a entendu du groupe jusqu'àlors. C'est donc With or without you, une ballade qui mêle amour, souffrance et désespoir, qui est choisie. Pour le second single, qui sera dans les bacs au moi de mai, Lanois souhaite encore une sonorité différente. Après de longues hésitations, le choix se porte sur I Still haven't found what I'm looking for, un gospel mâtiné de soul gaélique qui est à la fois une quète spirituelle et une prière adressée à Dieu et qui exprime le manque d'amour, le manque d'une épouse. La chanson avait vu le jour, sous le titre de Desert of our love, lors d'une jam session enregistrée quelques mois plus tôt. Elle est retravaillée à la façon d'un gospel pour cadre avec les apsirations de l'album qui se veut hommage aux musique américaines mais le rythme de batterie de Larry Mullen est conservé car, selon Daniel Lanois, c'est ce qui donne son caractère à la chanson. Un titre qui sera construit comme une maison, expliquera encore le producteur, la batterie en étant les fondations, diverses étapes de construction sont venues s'ajouter à ces fondations : une mélodie à la guitare acoustique d'abord, une mélodie vocale ensuite, les paroles imaginées par Bono et The Edge inspirées d'une chanson de Bob Dylan (Idiot Wind), et puis des effets de guitares comme un panning et des arpèges carillonnants pour renforcer la touche gospel. The Edge improvise alors une contre-mélodie à la guitare qui vient contrebalancer toute la chanson. Mais c'est lors de l'enregistrement que I still haven't found what I'm looking for va prendre toute sa puissance par la voix de Bono. On a l'impression qu'il parle de lui-même tant il vit son interprétation dans le studio de Windmill Lane. Bono exprime toute la tessiture de sa voix et chante "avec ses tripes comme s'il jouait sa vie sur ce morceau" déclare encore Daniel Lanois qui comprend très vite qu'avec ce titre U2 va marquer définitivement l'histoire de la musique !

Et pourtant, le second single de l'album aurait du être Red Hill mining town mais le clip tourné par le réalisateur dublinois Neil Jordan, qui n'est pourtant pas le premier venu, ne satisfait personne. Aussi, après de longues hésitations et remises en question, le groupe décide de ne pas sortir Red Hill mining town et de le remplacer par I still haven't found what I'm looking for... un choix judicieux puisque désormais ce titre est emblématique de U2. Un clip esthétiquement parfait vient renforcer la chanson, il montre Larry Mullen, Adam Clayton, Bono qui chantent et The Edge qui joue de la guitare acoustique sur Freemont Street, à Las Vegas. Il a été tourné à l'issue d'un concert du Joshua Tree World Tour à Vegas. I still haven't found what I'm looking for est un classique des concerts de U2.

A la fin du mois de septembre 1987, U2 est à New York et prépare son concert au Madison Square Garden. La chorale New Voices of Freedom de l'Eglise baptiste du Grand Calvaire, de Harlem, est conviée pour faire les choeurs de I still haven't found what I'm looking for sur scène. La première rencontre se fait au sein de l'église de Harlem même, la guitare de The Edge est le seul instrument amené par le groupe et une répétition improvisée a lieu avec les moyens de l'église. Le réalisateur Phil Joanou, qui prépare un film sur la tournée américaine de U2, est présent dans l'église et filme ce boeuf. Les images seront effectivement utilisée dans le film Rattle and Hum, la sublime version live avec New Voices of Freedom, au Madison Square Garden, sera intégrée à l'album Rattle and Hum... The Joshua Tree est probablement l'album le plus abouti de U2, I still haven't found what I'm looking for est aujourd'hui considérée comme l'une des 500 chansons qui ont façonné le rock 'n roll !

U2-I Still haven`t found What I`m looking for

I still haven't found