1976, Eagles abordent un sujet grave à travers une chanson que beaucoup n’ont pas comprise…

 hotel californiaHotel California, des Eagles, qu’est-ce que l’on a emballé là-dessus du milieu des années ’70 au début des années ’80. Les murs blanchis à la chaux des boites d’ennuis de l’Espagne touristique et du sud de la Franche branchée s’en souviennent comme si c’était hier ; de nombreux couples se sont fait sur cette chanson pour se défaire quelques jours plus tard au gré des amours estivales… Et pourtant, Hotel California n’est pas un slow torride ! Combien de dragueurs de night-clubs, combien de couples qui ont eu les yeux mouillés par Hotel California savent-ils que ce hit des Eagles est une histoire d’addiction à la drogue dure et de désintoxication. C’est en effet ce qu’évoque le texte de cette chanson qui s’est vendue à plus de 29 millions d’exemplaires à travers le monde… Créé à l’aube des seventies, The Eagles est un groupe qui se revendique clairement bluegrass, une déclinaison modernisée de la musique country. Randy Meisner (basse et chant), Bernie Leadon (guitare et banjo), Don Henley (chant et batterie) et Glenn Frey (piano, guitare et chant) font vivre le groupe de façon honnête mais pas vraiment transcendante. Deux albums – The Eagles (1972) et Desperado (1973) – positionnent le groupe comme une valeur sûre de la musique californienne au même titre que les Doobie Brothers, mais loin derrière les locomotives que sont Canned Heat, The Beach Boys, Creedence Clearwater Revival et, bien entendu, The Doors qui portent au niveau international le rock de Californie. Le titre Take it Easy, issu de l’album The Eagles, connait un beau succès sur la côte ouest… En 1974, Eagles engage un troisième guitariste, Don Felder, qui va conférer un côté plus rock au groupe ce qui ne plait pas vraiment à Leadon qui s’en va quelques mois plus tard pour fonder le Bernie Leadon Band, résolument bluegrass…

Après le succès moyen du troisième album, One of these nights, Les Aigles entrent en studio, chez Elektra, pour enregistrer un LP intitulé Hotel California, une référence au fameux Beverly Hills Hotel, haut lieu des mondes politique, cinématographique et des affaires, sur Sunset Boulevard. La plage phare de l’album doit être New Kid in Town, un morceau tout à fait dans l’ambiance habituelle du groupe. Mais Don Felder convainc Don Henley et Glenn Frey de composer un morceau plus grave avec un sujet de fond. Felder connait un lieu, dans les quartiers moins huppés de Los Angeles, baptisé Hotel California. Il s’agit d’un centre de désintoxication qui accueille des patients loin dans leur toxicomanie et qui propose des traitements de choc… Felder parvient aussi à faire engager Joe Walsh, ancien guitariste de James Gang, pour remplacer Leadon et pour apporter un vrai plus musical à Eagles. L’enregistrement de l’album prend huit mois mais le résultat en valait assurément la peine. Jamais The Eagles n’avaient proposé quelque chose d’aussi abouti. Immédiatement, les critiques sortent de l’album la chanson éponyme Hotel California. Construite comme une histoire – celle d’un homme qui arrive à l’endroit de sa dernière chance de se débarrasser de son addiction – elle se termine sur un dialogue exceptionnel de deux minutes et dix seconde (un tiers de la durée de la chanson) entre deux guitares. Glenn Frey et Joe Walsh signent un pur moment d’extase comme il y en a peu dans l’histoire du rock. Quand on revoit le clip vidéo d’Hotel California qui fut, en fait enregistré sur scène, on peut voir que les deux hommes prennent véritablement leur pied en clôturant longuement le morceau…

Hotel California parle donc de désintoxication, et puis, vers la fin de la chanson, il y a cette phrase lourde de sens : They gathered for the feast, they stab it with their steely knives, but they just can’t kill the beast ; Ils se sont réunis  pour la fête (l’injection, moment d’extase pour le drogué en manque), ils l’ont poignardée (l’addiction) avec leur lames affutés (la seringue), mais ils ne peuvent pas tuer la bête (l’addiction), qui affirme que l’on ne peut pas guérir d’une dépendance à la drogue. On est loin de l’hôtel mythique de Sunset Boulevard ! Grâce à cette sombre histoire musicalement parfaite l’album Hotel California est le plus vendu aux Etats-Unis. Hotel California s’est écoulé à 29 millions d’exemplaires à travers les States, c’est à dire près de deux millions de plus que le Thriller de Michael Jackson sur le sol étasunien… 29 millions d’exemplaires, cela veut dire que plus d’un Américain sur dix a acheté cet album de légende !

hotel california video oficial


On a dark desert highway,
Cool wind in my hair
Warm smell of colitas,
Rising up through the air
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light
My head grew heavy and my sight grew dimmer
I had to stop for the night

There she stood in the doorway;
I heard the mission bell
And I was thinking to myself,
’this could be heaven or this could be hell’
Then she lit up a candle and she showed me the way
There were voices down the corridor,
I thought I heard them say...

Welcome to the hotel california
Such a lovely place
Such a lovely face
Plenty of room at the hotel california
Any time of year, you can find it here

Her mind is tiffany-twisted,
she got the mercedes bends
She got a lot of pretty, pretty boys,
That she calls friends
How they dance in the courtyard,
Sweet summer sweat.
Some dance to remember,
Some dance to forget

So I called up the captain,
’please bring me my wine’
He said, ’we haven’t had that spirit here since nineteen sixty nine’
And still those voices are calling from far away,
Wake you up in the middle of the night
Just to hear them say...

Welcome to the hotel california
Such a lovely place
Such a lovely face
They livin’ it up at the hotel california
What a nice surprise, bring your alibis

Mirrors on the ceiling,
The pink champagne on ice
And she said ’we are all just prisoners here, of our own device’
And in the master’s chambers,
They gathered for the feast
They stab it with their steely knives,
But they just can’t kill the beast

Last thing I remember,
I was running for the door
I had to find the passage back
To the place I was before
’relax,’ said the night man,
We are programmed to receive.
You can checkout any time you like,
But you can never leave!

Traduction :

Sur une autoroute déserte et sombre,
le vent froid dans mes cheveux
Une odeur chaude de collita
S’élève dans les airs
Au loin, je voyais une lumière scintillante
Ma tête devenait lourde et ma vue se floutait
Je devais m’arrêter pour la nuit

Là, elle m’attendait sur le pas de la porte
J’ai entendu la cloche de la Mission
Et j’ai pensé en moi-même
Ca pourrait être le paradis ou ça pourrait être l’enfer
Elle a allumé une bougie et m’a montré le chemin
Il y avait des voix au fond du couloir
Je crois que je les ai entendues dire

Bienvenue à l’Hôtel California
Quel bel endroit
Quel joli visage
C’est plein de chambres à l’Hôtel California
A chaque moment de l’année, tu peux en trouver une

Son esprit était branché Tiffany
Elle était carrossée comme une Mercedes Benz
Il y avait un tas de beaux, très beaux garçon
Qu’elle appelait amis
Comme ils dansent dans la cour
Douce moiteur d’été
Certains dansent pour se souvenir
Certains dansent pour oublier

Alors j’ai appelé le Capitaine
S’il vous plait apportez-moi mon vin
Il a dit ‘nous n’avons plus cet alcool depuis 1969’
Et ces voix qui continuaient d’appeler au loin
Qui vous réveillent au milieu de la nuit
Pour pour les entendre dire

Bienvenue à l’Hôtel California
Quel bel endroit
Quel beau visage
Ils sont à la hauteur à l’Hôtel California
Quelle belle surprise, amenez vos excuses

Des miroirs au plafond
Du champagne rosé frappé
Et elle a dit ‘nous sommes prisonnier ici à notre demande’
Et dans les chambres principales
Ils se sont réunis pour la fête
Ils l’ont poignardé avec leurs lames affutées
Mais ils ne peuvent pas tuer la bête

La dernière chose dont je me souvienne
Je courrais vers la porte
Je devais trouver un passage
Pour revenir à l’endroit où j’étais avant (dehors)
‘Relax’ a dit le veilleur de nuit
Nous sommes programmés pour vous recevoir
Vous pouvez payer la note quand vous voulez
Mais vous ne pourrez jamais partir